L’expédition

Du 1er au 8 Mars 2020, quatre musiciens français, un musicien russe (République de Bouriatie), deux artistes contemporains, un chef cuisinier, un géographe et une anthropologue se retrouveront sur les rives du lac Baïkal en Sibérie méridionale.

Un symposium ?
  • (Antiquité) Seconde partie d’un repas, correspondant aujourd’hui au dessert, pendant laquelle un groupe restreint de convives buvaient et discouraient sur un sujet.
  • Réunion de spécialistes (philosophes, scientifiques, etc.) consacrée à des échanges sur un sujet particulier.
  • Publication philosophique dans laquelle une même question est successivement traitée par plusieurs auteurs.
Habiter un lieu, le temps long l’espace d’un instant…

Cette résidence/expédition entremêlera travail, contemplation, créations, rencontres avec les populations locales, mini-conférences, musique, réflexions et échanges autour d’un dîner partagé quotidien…

Il est bien entendu hors de propos de parler de visiter le lac Baïkal, encore moins de faire du tourisme dans la région mais plutôt de tenter d’habiter le lieu, même si nous ne resterons que quelques jours. Nous prônons le temps long.

Le lac 

« Le Baïkal devrait écraser l’homme par sa magnificence et sa taille : en lui tout est grand, large, immense et mystérieux. Il le grandit, au contraire. Vous éprouvez au Baïkal un rare sentiment d’exaltation et d’inspiration comme si l’éternité et la perfection que vous découvrez vous marquaient vous aussi de leur sceau secret et magique, comme si vous sentiez vous aussi passer sur votre visage le souffle d’une présence toute puissante et que pénétrait en vous une parcelle de ce mystère merveilleux qu’est l’existence. Vous êtes marqué et distingué dès l’instant où vous êtes sur ce rivage, respirez cet air et buvez cette eau.  Nulle part ailleurs vous n’aurez la sensation d’une symbiose si complète, et tant convoitée, avec la nature, une perception de celle-ci aussi profonde. Cet air vous grisera, vous fera tourner la tête et vous ravira si vite au-dessus de cette eau que vous en aurez le souffle coupé ; vous vous trouverez dans des lieux d’exception et de rêve d’où vous reviendrez avec une espérance décuplée : vous avez la vie promise là, devant vous… »

Source : V. Raspoutine



Inscrit au patrimoine mondial de l’humanité depuis 1996, au carrefour de plaques tectoniques, au carrefour de civilisations, plus vieux et plus profond lac de la planète, plus grande réserve d’eau douce liquide à la surface de la Terre… 
Pour ses premiers habitants, les Bouriates d’origine mongole, le lac était une mer sacrée… Baïkal pour eux signifie « Nature ».

Le Baïkal a tout pour nourrir les travaux artistiques et scientifiques du symposium qu’il inspire et qui porte son nom…

L’équipage

Les artistes et les scientifiques qui ont accepté d’être partie prenante de cette expédition singulière sont tous animés par la volonté de partager leur être-au-monde, leur art, leur travail, leur ressenti.

Sur ces bases, les échanges, nous en sommes convaincus, permettront de créer du savoir et du beau.

Accordéoniste


Clarisse Catarino

Elle débute l’accordéon à l’âge de 8 ans, rejoins très vite l’orchestre philharmonique d’accordéon de Picardie et participe ensuite à de nombreux concours internationaux.

A l’adolescence, elle apprend le piano et découvre le jazz ainsi que l’improvisation.

De 2000 à 2004 elle est professeur d’accordéon, de piano et de solfège dans quatre écoles de sa région.

Eté 2004, l’aventure théâtrale commence avec Jean- Marie Lecoq dans la pièce « Adam le sans logis de la logique » en Avignon puis au théâtre Hébertot, au théâtre du Renard et en tournée.

Depuis, elle a collaboré avec de nombreuses compagnies en tant que musicienne, chanteuse, comédienne et compositrice (les productions du Sillon, Cie Jean-Daniel Laval, Cie 2 B or not, Cie ça va aller, Cie Fox, Cie Carpe Diem, Cie la Tambouille, Cie Tralalaire, La Nef).

Elle est également diplômée du Centre de musiques Didier Lockwood depuis 2007.

Les artistes avec lesquels elle a collaboré ; Lény Escudero, tournée âge tendre et tête de bois, Serge Lama, Djazzelles, Frédéric Fromet, Yor, Bruno Dalèle, Chloé Laum, Ben Boyce, Les Souffleuses, Alain Turban, Le bal des Martine, El Ritmo, Thomas Jagas…).

Artiste contemporain


Laurent Derobert

(né en 1974, vit et travaille à Paris et Avignon) a conçu et développe les mathématiques existentielles. Docteur en sciences économiques et chercheur (CNRS- GREQAM et Université́ d’Avignon), il interroge notre rapport au monde sous forme algébrique et produit des équations tels des poèmes rigoureux et sensibles.

Façon d’avertir : les mathématiques ici n’expliquent rien, elles expriment. Il s’agit d’une algèbre des sentiments. Discipline à la fois scientifique et artistique dont l’enjeu est de traduire la liberté́ en langage mathématique. Elles génèrent des équations, conjectures ou théorèmes qui expriment et occasionnent des émotions, des pensées, des doutes.

Il publie, en 2010, Fragments de mathématiques existentielles.
La même année, il intervient sur le bâtiment du Palais de Tokyo à l’occasion de sa réouverture.

Il privilégie depuis les collaborations multidisciplinaires avec d’autres artistes et scientifiques, en mettant l’accent sur le format « conférence » (Dédale et Mathématiques existentielles, Centre Pompidou-Metz, 2011 ; Fragments de mathématiques existentielles, Collège des Bernardins, 2011 ; Modélisation de la conjecture Acqua Alta, avec Adrien Mondot, Teatro Junghans Giudecca, Venise, 2013 ; Love & Mathematics, avec Edward Frenkel, MoMA PS1, 2013 ; Algèbre d’invisible, Maison de la Poésie, 2015 ; Algèbre des miracles, Villa Médicis, 2016 ; Umbrarum mathematica, avec Denis Savoie, dans le cadre de la FIAC, Palais de la découverte, 2016, etc.

Anthropologue


Charlotte Marchina

Charlotte Marchina est anthropologue et Maître de Conférences en langue et civilisation mongoles à l’INALCO (Institut National des Langues et Civilisations Orientales, Paris).

Elle se rend depuis 10 ans régulièrement en Mongolie et Sibérie du Sud, où elle effectue ses recherches et partage le quotidien des éleveurs.

Elle signe cette année un ouvrage : Nomad’s land (Editions Zones Sensibles) une version remaniée d’une partie de la thèse qu’elle a soutenue en 2015 à l’Inalco, thèse récompensée par trois distinctions : le Prix Aguirre-Basualdo en Lettres et Sciences Humaines de la Chancellerie des Universités de Paris ; le Prix de la meilleure thèse de l’Inalco ; la Mention du prix de thèse du Musée du quai Branly-Jacques Chirac.

Chant et « morin-huur »


Alexander Arkhincheev

Alexandre Arkhincheev est originaire de la République de Bouriatie, en Sibérie.

C’est un virtuose du morin-huur, un instrument à cordes bouriate-mongol très semblable au violoncelle, ainsi qu’un spécialiste du chant guttural, ou’Khoomei’.

Utilisé depuis des siècles par les chamans pour communiquer avec les esprits de leurs ancêtres, le’Khoomei’ est un art sacré.

Alexander se produit dans le monde entier, notamment au OneBeat International, au Voice of Nomads Festival, au WOMEX, au Spirit of Tengri Festival et au PORTA Festival en Lettonie.

Artiste contemporain


Dove Allouche

Diplômé en 1997 de l’École nationale supérieure d’arts de Paris-Cergy et résident de la Villa Médicis à Rome en 2011-2012, Dove Allouche élabore depuis le début des années 2000 un corpus d’œuvres traversé par les notions de temps et d’expérience de l’invisible.

Mêlant photographies, dessins et gravures, son travail recourt à des techniques rares et complexes de production d’une image, ces méthodes ainsi que le résultat obtenu empruntent ainsi fréquemment à une forme de rigueur scientifique.

Son œuvre a été notamment exposée au LaM de Villeneuve d’Ascq (2011), au Palais de Tokyo et à la Biennale de Rennes (2012), ainsi qu’au Centre Pompidou (2013 et 2019), à la FRAC Auvergne, à New York, à la Foundation Ricard à Paris, à Vancouver, à Hong Kong, etc.

Chef cuisinier


Jean-Claude Altmayer

Il cuisine avec son cœur.

Titre de son livre, sorti en 2015. Plus de 40 ans d’une trajectoire hors-normes, ancien sommelier et maître d’hôtel, de l’Hostellerie de la Poste où il a vraiment débuté à Avallon, jusqu’à Lameloise (3 étoiles Michelin) à Chagny en passant par La Côte Saint-Jacques à Joigny (3 étoiles Michelin), il a travaillé dans les plus belles maisons…

« … et mes fourneaux brûlent comme mes baisers »….

Cette parole de Jean-Claude Altmayer, éternellement scandée d’une voix chaude et caverneuse, régit sa cuisine et se voudrait loi universelle – comme un principe nouveau de mœurs soufflées à la braise et au couteau. Sa cuisine est une ode déclarée aux passions. Elle est toute en étincelles. Elle réchauffe l’âme, embrase les corps et les cœurs…

Batteur et créateur sonore..


Benoît Laur

Batteur, percussionniste, créateur sonore, Benoît LAUR débute la batterie il y a vingt ans à l’école Agostini. Il part ensuite pour Liverpool, où il intègre des formations Folk et Samba mêlant grooves brésiliens et Drum&Bass.

De retour en France, il co-produit et joue sur l’album RenoProject (électro/jazz). Le projet l’amènera de nouveau outre-Manche sur une tournée de festivals.

Il rejoint ensuite comme batteur le groupe Yordan (chanson française), pour 300 concerts et une tournée allant de l’Europe à la Corée du Sud, puis Unibox (électro-pop) pour des dates entre la France et le Portugal.

Il monte ensuite le projet La Green Box avec Florent VINTRIGNER (La Rue Kétanou) dans lequel il évolue à la batterie et aux programmations pour construire un univers au croisement des rythmes et du design sonore.

Benoît a mené en parallèle de sa carrière artistique une longue trajectoire de technicien professionnel, en sonorisant des groupes live lors de tournées internationales, dans de multiples contextes, et en studio…

Guitariste / Contrebassiste


Jean-Laurent Cayzac

Multi instrumentiste, compositeur et arrangeur.

A 6 ans, Jean-Laurent découvre la musique avec le violoncelle classique au CNR de Saint-Maur (94) de 1982 à 1989. Adolescent, il plonge allègrement dans le skate et la guitare qui devient rapidement son instrument de chevet. Il fera ses premières scènes, soit avec son violoncelle autour du répertoire de G.Brassens, soit avec sa guitare saturée dans le milieu vegan hardchord de la fin du millénaire…

En 2000, ses amis et collègues musiciens lui offre une contrebasse qui devient son instrument de prédilection sur scène. 4 ans plus tard, il s’engouffre totalement dans les musiques traditionnelles en formant le quatuor La Machine autour du répertoire et du style de la musique de tradition orale du Centre de la France (Berry, Auvergne).

Depuis plus de 15 ans, Avec 4 albums et plus de 400 concerts dans les rouages, La Machine est un ambassadeur groovy incontournable de la musique à bourdons à travers toutes l’Europe.

En parallèle, il s’initie à l’art de la marionnette, au théâtre d’ombre et aux échasses,  et c’est tout naturellement qu’il compose pour le spectacle vivant. Il travaille régulièrement en tant que compositeur pour des compagnies de cirque contemporain (Circus Space of London, Kickin the moon, cie Isis) et de théâtre visuel (Cies Comca, Potlatch, 3jock3, je me promène, cie Aia, l’Arbre à Nomade).

A partir de 2010, il se recentre sur la musique actuelle et participe en tant que co-directeur artistique à la création du label indépendant Holistique Music dont la devise est « Musical Productions Could Be Compared To Fruits they Grow With Happiness Regardless Of Musical Styles »

Depuis une vingtaine d’années et au gré des créations et collaborations, son parcours musical embrasse différents univers musicaux:

-Les musiques traditionnelles, « neotrad » et à danser : La Machine, Yateveo, Yaïa, le Collectif Markus, le Manège, Ciac Boum, les Balochiens, le Bringuebal, Sons Libres, Linga Bunga Orchestra, Les Horse Raddish

-La chanson : Camille Hardouin, Lecoq, Nicolas Joseph, Marie Tout Court

-La musique « actuelle » : Itak, Tukki Bukki, Robert Love, Yas & the Lightmotiv, Los Angelas, Oli Wheel, RivkaH

En concert, on le retrouve à la contrebasse et/ou à la Telecaster, entouré de pédales d’effets acidulées et versatiles, il sample ses instruments sur le vif, décuple et tord les possibilités sonores, proposant ainsi un mini orchestre improvisé éphémère.

Géographe nomade


Olivier Bousquet

Né en 1976, Olivier Bousquet aime depuis toujours s’aventurer sur les chemins des possibles et saisir les belles opportunités qu’il y rencontre.

Après avoir travaillé plusieurs années dans la logistique puis dans l’humanitaire d’urgence, il vient de finir un cycle de Master de géographie, spécialisé en limnologie et géomatique à Orléans, dans un département co)-dirigé par Laurent Touchart, Monsieur Baïkal en france qui a choisi le lac comme sujet de thèse dans les années 90.

Passionné de cultures et d’imaginaires, de mythes et de récits – personnels ou collectifs – la géographie comme étude transdisciplinaire des interactions entre l’Humanité et son environnement, lui a ouvert les portes de langages descriptifs et analytiques.

La cartographie est l’un de ces langages qu’il affectionne le plus, mêlant le fond et la forme, ou plus encore, le logos et le beau.